Milieu humide
Genévrier commun
Fragon (petit houx)
Genêt à balais
Ajonc d'Europe
Primevère
Violette
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LA FLORE DU BASSIN DU CIRON
Les landes
de Gascogne sont une immense forêt que l'il non averti de l'automobiliste
trouvera certainement monotone. Et pourtant, il existe, sous l'omniprésente
pinède, une diversité insoupçonnée de paysages.
La flore
des landes de Gascogne est largement conditionnée par la nature du
sol et surtout son degré d'humidité. On dénombre ainsi
plusieurs milieux différents : la forêt galerie, la forêt
d'origine, la lande sèche, la lande mésophile (milieu intermédiaire
entre la lande sèche et lande humide), la lande humide, les marécages
et lagunes.
La forêt galerie
Il s'agit de la forêt qui pousse sur les berges du Ciron et de ses affluants. Elle doit son nom aux ramures des arbres qui, en se rejoignant au-dessus du cours d'eau, forment une sorte de tunnel. La forêt galerie se compose principalement d'aulnes (sur les rives, au ras de l'eau), puis de chênes (pédonculé et tauzin), de hêtres et de charmes (dans les gorges du Ciron et de la Gouaneyre), de saules (dans les secteurs inondables), de robiniers, de noisetiers et d'aubépines. Sur les berges, on trouve une fougère typique des milieux humides l'osmonde royale (très rare), l'iris des marais, la scolopendre, l'hépatique, les orchidées. Le bassin du Ciron est classé Natura 2000.
Forêt galerie
du Ciron (un milieu fragile classé Natura 2000) et une zone inondable
sur le cours de la Leyre.
La forêt d'origine ou la chênaie
De façon générale, le chêne pédonculé est présent dans tout le bassin du Ciron où il a été supplanté par les semis de pins. La chênaie persiste le long des cours d'eaux, parsemée de houx et de genévriers communs, ou encore sous forme de taillis dans les friches. Le chêne pédonculé et le tauzin subsistent aussi en lisière des parcelles de pins, sur les crastes avec un sous-bois de fragon pour délimiter les anciennes parcelles cultivées et l'espace de l'airial. On notera également la présence de nombreux bois de robiniers (faux acacias), une espèce originaire d'Amérique du Nord et introduite en France au 17ème, ainsi que des bosquets d'ormeaux qui tendent à disparaître en raison de leur maladie (graphiose).
La lande sèche
ou la lande de bruyère
Paradoxalement, c'est à proximité des cours d'eau que l'on trouve
la lande sèche dont le sol est bien drainé par le Ciron et son
réseau hydrographique. Les bruyères y dominent : bruyère
callune, bruyère
cendrée. On y trouve également des hélianthèmes
(hélianthème à gouttes, hélianthème faux
alysson), l'ajonc
d'Europe et le genêt
à balai. Sans oublier, au bord des routes, les magnifiques fleurs
jaunes d'onagre.
La lande mésophile ou la lande de fougère
Plus on s'éloigne du cours d'eau, moins le sol est drainé. Sur la lande mésophile, les terrains ni totalement secs, ni totalement humides sont le domaine de la fougère aigle. Mais, s'agissant d'un milieu intermédiaire, on ne sera pas surpris d'y trouver, en plus ou moins grande quantité, la flore des landes humides (ajoncs nains, bourdaine, brande) et celle de la lande sèche (bruyère callune et cendrée, ajoncs d'Europe et genêts à balai).
Paysage typique de la
lande mésophile où la fougère aigle tapisse les sous-bois.
La lande humide ou la lande de molinie
Dans la lande humide, la nappe phréatique affleure car pas ou pas assez drainée par les ruisseaux et le réseau de fossés (crastes). La lande humide a été largement asséchée pour les semis de pins, mais également pour la culture du maïs et la culture maraîchère (carotte, haricot vert). La plante la plus caractéristiques de la lande humide est la molinie (aougà en gascon, encore appelée aouguiche ou aouguithieu, en patois) qui envahi les semis de pins et règne sous les pinèdes. On y trouve également des ajoncs nains, des bruyères (bruyère à quatre angles et bruyère ciliée), des arbustes comme la bourdaine (localement appelée sanguine) et la brande (bruyère à balai), des arbres typiques des milieux humides comme le bouleau, enfin le chêne pédonculé.
La molinie est la plante
par excellence de la lande humide où elle envahit les semis de pins
et les sous-bois.
Lagunes et marécages
Lagunes et marécages occupent les légères dépressions de terrain plus ou moins envahies par l'eau de la nappe phréatique. On y trouve des plantes carnivores comme le droséra (rotundifolia et intermedia) ou l'utriculaire (Utricularia intermedia), capables de piéger et de digérer de petits invertébrés, mais également la littorelle et le faux cresson de Thore (espèces protégées), le carex, ainsi que toute la flore de la lande humide.
Lagune de Roustouze
à Lubbon, non moin des sources du Ciron.
Dans les lagunes asséchées, on retrouve les plantes typiques de la lande humide et mésophile : généralement un champ de molinie entouré d'une ceinture de fougère aigle. Ce changement rapide de degré d'humidité du sol permet de repérer d'un simple coup d'il les emplacements des anciennes lagunes (notamment au sources du Ciron, dans la région de Lubbon et de Losse, où elles sont légion).
Au coeur de l'ancienne
lagune : la molinie et la bruyère à balai de la lande humide.
Tout autour : la fougère aigle de la lande mésophile.
La végétation de l'airial
L'airial est l'espace plus où moins vaste qui entoure la ferme landaise ou le quartier regroupant plusieurs habitations. Il se présente sous la forme d'une pelouse généralement délimitée par des "varats" (fossés) creusés pour drainer l'eau, mais également pour délimiter les propriétés. Sur les talus réalisés avec les déblais (dougues), on plantait souvent des chênes et des arbustes épineux comme l'aubépine, le prunellier, l'églantier qui, envahis par le fragon, les ronces et le fusain d'Europe, formaient des haies défensives impénétrables qui interdisaient l'espace de l'airial aux bêtes afin de protéger les cultures. Ces dougues délimitaient également les parcelles de bois.
Dans les haies de fragon
sur les dougues, il n'est pas rare de trouver un ruban de scie qui servait
autrefois à clôturer les champs.
Au centre de l'airial, trône la maison landaise avec son auvent orienté à l'est ou au sud-est. Elle est entourée de la grange, du four à pain, du poulailler et de diverses remises, du jardin potager et du verger. Outre les arbres fruitiers, on y trouve diverses essences : des lilas en bouquets ou en bordure sur les dougues, des néfliers (souvent dans les haies), des bosquets de noisetiers et d'ormeaux. Sans oublier la treille qui court le long du mur avec le rosier grimpant ou la glycine, ni le pin parasol qui trône souvent au milieu de l'airial où grattent et picorent inlassablement les poules noires des landes.